vendredi 18 septembre 2009

Cris & Chuchotements *

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Un titre bergmanien. Deux légers accents belges. 23 femmes artistes.

Nous voici sur le seuil de l'exposition * Cris & Chuchotements * au Centre Culturel Wallonie - Bruxelles de Paris.

On y entre comme dans la logique d'un rêve. En immersion lente. Bordé par quelques photographies d'Izabelle Gustowska. D'emblée, on pense, femmes féministes, années 60-70, les revendications, la pratique artistique comme acte libérateur, fondateur de la figure féminine. Mais l'exposition a ce "quelque chose en plus" d'insister sur les sens...

Les sens des artistes-femmes d'abord: le regard féminin et la voix sont comparés à un livre, qui tantôt dévoile, tantôt dissimule. On entre dans la sphère de l'intime, du secret, révélé ou soigneusement caché. Les sens des spectateurs sont également mis en alerte. Pièce confinée, éclairage doux, absence de foule, ce sentiment d'intimité et de légéreté se fait aussitôt ressentir. Les sens donc, partout, et surtout avec le titre "Cris et Chuchotements" nous faisant passer des Cris, ceux des artistes tentant de dire l'universalité du corps féminin, griffures, fluides corporels, corps en mutation, avec des lithographies impressionantes de Kiki Smith ou encore les sculptures improbables de Laurence Dervaux et les photographies hybrides de Ana Mendieta...


Lithographies de Kiki Smith


Puis le murmure, le chuchotement, on passe à l'imaginaire féminin, les histoires qui se racontent à l'oreille et se réinvente, mélant réalité et fiction avec les photos de Sylvie Eyberg et de Sophie Calle. Ca et là ça raconte la vie quotidienne et la maternité, phase non négligeable dans une vie de femme. On appréciera particulièrement dans cette thématique le travail d'une précision singulière d'Agathe May, qui transpose en lithographie sa fille en une nymphette géante. Également celui de François Petrovitch qui nous plonge dans une ambiance magique où se croise des regards tendres et cruels sur l'enfance une série de peinture montrant froidement divers jouets et poupées.


Lithographie d'Agathe May



Le monde de l'enfance se retrouve en filigrane dans ce que je noterais être la "troisième" partie de l'exposition dans laquelle les traumatismes d'enfance de Louise Bourgeois refont surface. Elle manie la pointe sèche pour dire ses blessures. Il y a aussi le monde domestique, qui cottoye projections et fantasmes d'Annette Messager et Frédérique Loutz, ainsi que le sublime triptyque de Sylvie Canonne. Tout en finesse, sans détails alourdissants, l'exposition raconte à merveille les histoires et les démarches divergentes de toutes ces femmes avec qui l'on resterait bien un peu plus longtemps...

À voir et revoir jusqu'au 29 septembre 2009.







Centre Culturel Wallonie Bruxelles
Ici






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